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Trois sources fondamentales |
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Les sources |
Les recherches menées par Hent Telenn Breizh nous conduisent à aborder des manuscrits médiévaux trop souvent ignorés, ainsi que les collectages plus récents, réalisés auprès des derniers harpistes de l'ancienne tradition dans les pays celtiques. Autant de personnages, d'anecdotes et de précisions techniques qui apportent à l'étude de la harpe une dimension et une profondeur supplémentaires. |
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Le collectage d'Edward Bunting : Lors d'une rencontre organisée à Belfast le 14 juillet 1792, un jeune organiste fut mandaté pour collecter la musique de dix harpistes venus concourir. Parmi ceux-ci figurait notamment le dernier harpiste utilisant les ongles pour pincer les cordes, Denis Hempson (O'Hempsey, 1695-1807). Edward Bunting publia cette musique de harpe arrangée pour piano forte, donc fortement dénaturée. Il est donc nécessaire de se reporter à ses manuscrits originaux. |
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Turlough O'Carolan (1670-1738)Irlandais, musicien aveugle et itinérant, il interpréta et surtout composa de nombreux morceaux pour la harpe à cordes métalliques, dont beaucoup sont passés dans le répertoire traditionnel. Son fils publia un recueil en 1748, comportant les lignes de basses originales. |
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Mis en lumière plus récemment, les manuscrits de William Penllyn et de Robert ap Huw (XVIème et XVIIème siècles), du Pays de Galles. Les racines de la musique transcrite dans ce manuscrit sont anciennes et remontent à la codification des règles de la musique galloise par le roi Griffith ap Kynan au Xième siècle, élevé en Irlande, à la veille de l'invasion de ces deux pays par les Anglo-Normands. Remarque : Ce manuscrit, le plus ancien reueil pour la harpe, est rédigé en langue brittonique, facilement compréhensible pour les bretonnants. |
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D'autres manuscrits et recueils de collectage nous renseignent sur le répertoire et le style de jeu de la harpe ancienne : Angus Fraser, Daniel Dow, Colin Campbell Canntaireachd (piobaireachd), Manuscits de luth de Straloch, Skene, Rowalan, Antiphonaire d'Inchcolm (plain-chant de l'Abbaye de Iona, XIIIème siècle)… Hent Telenn Breizh consacre une attention particulière au déchiffrage et au travail d'interprétation de ces recueils destinés à préserver les savoirs antiques dont étaient dépositaires les musiciens et poètes celtes. *** LA HARPE CELTIQUE ANCIENNE
La harpe ancienne des Celtes, dont les Gaëls d’Irlande et d’Ecosse préservèrent la tradition jusqu’à la fin de leur indépendance au XVIIIè siècle, se caractérise par sa caisse de résonance creusée dans un seul bloc de saule, et ses cordes de bronze fortement tendues, aux sonorités rappelant le tintement des cloches. Trois instruments survivent de la période médiévale, parmis lesquels la " Queen Mary harp ", (Ecosse, 15ème siècle) dont la harpe de Violaine est une reproduction, œuvre du luthier Joël Herrou. Les sources historiques pour le répertoire et les techniques de jeu convergent vers un style de jeu complexe, subtil et très élaboré, caractéristique de ces harpes à cordes de bronze très riches en harmoniques, accordées en quintes justes. La harpe était posée sur le cœur, du côté gauche, et jouée avec les ongles – à l’inverse de la harpe moderne. Ces sources, qu’elles soient brittoniques (Bretagne, Pays de Galles...) ou gaéliques (Irlande, Ecosse...) révèlent la pratique antique d’une " grande musique " érudite, répandue dans tout le monde celtique, et dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Interprétée au Moyen Age à la harpe et au crwth (lyre à archet), en solo, en ensemble ou pour accompagner la poésie syllabique, interprétée aussi à la cornemuse, cette musique savante n’a survécu, dans la tradition orale, que dans le piobaireachd (pibroc’h), la grande musique de cornemuse écossaise.
L’ANCIENNE MUSIQUE DE BRETAGNE
De la chute de l’empire romain aux conquêtes anglo-normandes du XIIème siècle, la Bretagne s’étend en réalité du sud de l’Ecosse actuelle (" Dunbarton ", " citadelle des Bretons ") au sud de l’Armorique (les " Marches de Bretagne "). Les peuples bretons de l’Ile de Bretagne, dispersés par les invasions des Angles et des Saxons trouvèrent refuge au Pays de Galles (" Kembre ", qui signifie " ceux du même pays "), d’où ils pouvaient joindre l’Irlande et l’Armorique. Ces échanges, qui maintenaient l’unité culturelle du monde brittonique, furent incessants jusqu’à l’invasion du Pays de Galles et de l’Irlande par les anglo-normands. La tradition musicale brittonique ancienne survit d’un part dans la tradition orale de Petite Bretagne, notamment dans la gwerz (poésie chantée apparentée au lai), et d’autre part dans le seul manuscrit de harpe gallois à avoir échappé aux destructions : celui d’Ap Huw-Penllyn (fin 16è – 1613), écrit par les harpistes eux-mêmes devant l’effondrement imminent de leur tradition frappée de plein fouet par la conquête anglaise, la destruction des abbayes et la dépossession de la noblesse celtique, protectrices des arts. Les règles de compositions appliquées dans ce manuscrit remontent au règne du roi Griffith Ab Kynan, qui fit codifier au 11ème siècle les 24 mesures de la musique à cordes (24 structures qui sont des combinaisons de deux accords : cywairdant " note de clef " et tyniad " tension ").
Au travers des différentes manifestations proposées lors de la semaine Telenn ar Gelted, nous vous invitons à redécouvrir avec nous ce patrimoine remarquable oublié.
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