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Stages de chant

"Chant Celtique Sacré"

 CHANT CELTIQUE ANCIEN

La musique médiévale s’est construite pour une bonne part sur le vieux fonds celtique, et fut nourrie par lui. Alors que l’Europe était submergée par les invasions barbares, les moines celtiques écrivaient de la poésie en Latin et en Gaélique, ils enseignaient la jeunesse des familles nobles de tous pays, chantaient avec la harpe, et, de plus, voyageaient hardiment.

L’Irlande et la Bretagne furent des précurseurs en matière de neumes. On a retrouvé dans le Nord de l’Italie des neumes indiquant la mélodie de lais bretons du 11ème siècle.

 Les premiers moines celtiques utilisaient la harpe dans leurs offices. Avant les psaumes se trouvait un espace de liberté au sein d’un office réglé, où les moines pouvaient exprimer leur propre musique locale, comme celle que l’on trouve dans le manuscrit d’Inchcolm.

Un vocabulaire gaélique du 8ème siècle donne trois sortes de musique pour les offices :

"Psalmus : qui a été composé pour la harpe (cithara) et pratiqué par elle ;

Canticum : qui est pratiqué par le chœur et chanté avec la harpe ;

Canticum psalmi : qui est emprunté au chœur pour la harpe".

De cette époque (7ème-10ème siècles) datent les magnifiques représentations de harpes sur les pierres Pictes d’Ecosse.

 

 

L’Antiphonaire d’Inchcolm (copié au 13ème siècle en Ecosse) contient des chants composés sur l’Ile de Iona dans les Hébrides entre le 7ème et le 9ème siècles, pour la fête de St Columba, fondateur de l’Abbaye. Né en Irlande dans la famille royale des O’Neill d’Ulster et éduqué dans les écoles bardiques, il était lui-même poète et probablement musicien. Son élégie (597) l’associe à la harpe : " (Le monde sans lui) C’est une harpe sans clé, une église sans abbé ". 

Les chants du manuscrit d’Inchcolm paraissent étrangement modernes aux oreilles habituées au grégorien. On y trouve en fait des règles de la musique celtique ancienne, élaborées sur la harpe à cordes de bronze : grande étendue des échelles mélodiques, basées sur le cycle des quintes, phrases d’ouverture retrouvées en fin des pièces musicales... On trouve également dans les textes des règles de poésie celtique, bien qu’ils soient en Latin : rimes internes et rimes finales combinées, assonances et allitération intimement imbriquées. De plus, les rimes correspondent aux motifs musicaux, ce qui montre que texte et musique ont été composés ensemble.

Cette matière est restée relativement ignorée, bien qu’elle soit d’une grande importance autant pour les harpistes et musiciens de Bretagne, que pour les chanteurs et toutes les personnes intéressées par notre histoire ancienne, par l’art et la spiritualité des Celtes.

La musique de l’Antiphonaire d’Inchcolm est présentée lors des stages

organisés par Hent Telenn Breizh à Plouneour-Menez.

On peut entendre quelques pièces originales du manuscrit sur le disque "Chant Celtique Sacré"

édité par Hent Telenn Breizh en 2006 (avec textes et traductions).